Le refus du travail – Théorie et pratique de la résistance au travail, de David Frayne, préface et traduction de Baptiste Mylondo a paru en ce début d’année aux éditions du détour.

Présentation de l’éditeur : David Frayne trace d’abord une limpide théorie historique du travail, convoquant Calvin, les grands utopistes, Marx, Keynes et de nombreux autres jusqu’à André Gorz. Son but est de mettre en évidence la construction progressive du travail comme alpha et omega de notre insertion dans la société, et la « provocation » que constitue, de fait, l’idée de défendre une autre vision du bonheur. L’aliénation du travail contraint, les souffrances psychiques ou physiques, ne sont que quelques-unes de facettes de l’envahissement irrépressible de notre liberté par de soit-disant besoins économiques.

Mais il serait simple de refuser une telle contrainte si le travail ne jouait pas aussi le rôle d’une forteresse pour ceux qui s’y plient, protection autoproclamée contre le chômage et son stigmate, promettant inclusion sociale et bonne santé. David Frayne a enquêté auprès de personnes qui ont renoncé à chercher du travail : quel a été le moment de bascule, comment vivre en étant considéré comme incomplet ou inutile, quelles nouvelles perspectives s’ouvrent ? Il s’interroge : ces parcours ne contiennent-ils pas le ferment d’une alternative politique, donnant des armes pour imaginer une forme plus robuste et plus authentique de liberté ?

 

Dans son numéro 25 de mars/avril 2016, la revue Kaizen consacre un dossier à une thématique qui nous tient à cœur (nous avons d’ailleurs été sollicités), avec notamment des témoignages de personnes qui ont opté pour le temps partiel.

DossierKaizenDans la foulée une conférence avec Dominique Méda et Paul Jorion est organisée le 23 mars, les infos ici :

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Dans un article paru aujourd’hui sur Rue89 (« Faire ses 35 heures sur quatre jours, c’est possible (et c’est bien!) »), la journaliste Anne-Laure Pineau décrit le fonctionnement original et intéressant d’une entreprise passée très tôt (dès 1997) aux 35 heures et dont 80% des employés ont adopté la semaine de 4 jours.

Parmi les points intéressants, notons le développement de postes polyvalents et l’organisation en binômes ou trinômes afin de palier au jour d’absence hebdomadaire des employés. Ainsi « chaque membre remplace l’autre, si besoin, pendant sa journée de congés ». Une organisation qui encourage en outre la communication entre salariés et favoriserait aussi, nous dit-on, la promotion interne.

On note toutefois deux bémols:

1. La gestion des jours fériés qui, suite à un accord avec les syndicats de l’entreprise, sont comptabilisés comme RTT.

2. L’intensification du travail. Faire 35 heures en quatre jours, cela signifie forcément des journées d’emploi plus longues et plus chargées.

Bien sûr on dispose d’une journée supplémentaire par semaine pour récupérer de ces longues journées, mais quitte à bosser quatre jours, autant ne faire que 32 heures… Et quitte à bosser moins, autant bosser encore moins. C’est pourquoi, plus que la semaine de quatre jours, nous conseillons vivement le week-end de quatre jours!